Je ne t’ai jamais frappée

Posté le 6 octobre 2018

Tu es si populaire,si beau,si fort.Je ne comprends pas pourquoi tu m’as choisi.Tu semble très respecté dans ton travail.Je vois les hommes jalouser la circonférence de tes bras. Je sais qu’il y a eu beaucoup de femmes avant moi. Je suis jeune, inexpérimentée, naïve,je déteste mon physique je ne suis pas sur de te mériter. Pourtant c’est bien toi qui m’as choisi.

Tu plaisante régulièrement sur tes « quatre heure » avec tes amis, tous adeptes  de ta passion pour le culte du corps .Toutes ces femmes que tu consomme comme des friandises quand le phallus te démange. Je suis submergée par l’angoisse à chacun de vos rires,  me demandant à quel point moi je compte plus que ces femmes? Suis-je un futur passe temps moi aussi? Parles tu ainsi de moi en mon absence? Tu as l’ air d’apprécier la vie de célibataire,  comment être sûr que tu ne les rappellera pas?  L’une d’elles est encore bien présente dans ta vie. Tous les midis elle est là au bar qui te sert de fief. Lorsque je te rejoints elle est assise à tes côtés et me regarde un sourire en coin avant de s’éloigner. Viens ce fameux soir en discothèque. Elle est là, ondulant sous les jeux de lumières, je me sens plus laide que jamais. Une vulgaire fourmi qu’on écrase sans même la voir. Tu passe la soirée à converser avec elle, je vois vos échanges de regards et sa façon de minauder. Je ne suis pas à la hauteur. Elle est plus belle, plus sûr d’elle et elle te connait certainement mieux que moi. Je fini par craquer et m’enfuir, lâche que je suis. A quoi bon lutter quand  le combat est perdu d’avance? C’est ce soir là, essuyant mes larmes que tu me diras je t’aime pour la première fois. Tu trouve les mots justes. Elle a un petit ami. Ils doivent déménager. Elle ne fera plus partie de ta vie. Tu es soudain si rassurant, si doux, si sincère.

Plusieurs de mes amies me mettent en garde. Plusieurs personnes me disent t’avoir vu en charmante compagnie, mais je te défends et te trouve des alibis. Tu connais tellement de monde et de par ton travail énormément de femmes c’est normal. Lors de nos balades dans la rue je rêve que tu prennes ma  main; que tu me présente aux personnes que l’on croise et avec qui tu discute. Mais non, je me contente de te suivre comme invisible. Quand j’évoque cette gène tu me rétorque très simplement être pudique.

Notre quotidien est rythmé du bourdonnement sourd te ton téléphone assailli de messages. Une adolescente apparemment un peu pommée et en recherche d’affection. Elle a déjà couché avec plusieurs de tes collègues et ne serait pas contre se rapprocher de toi. Voilà la description que tu m’en fait. Bien entendu je n’ai aucun soucis à me faire…

Une nuit ,vers deux heure du matin la sonnerie de ton téléphone retenti. Un ami à toi videur dans la « fameuse » discothèque t’appelle. Il est en difficulté et te demande de lui venir en aide. Tu pars tel un pompier répondant aux sirènes. Je tente désespérément de te joindre mais c’est avec ton répondeur je passe la nuit. Il est huit heure du matin quand tu rentre enfin. Je suis morte d’inquiétude; mais tu sais me rassurer et comme toujours trouver les bons termes. Je me sens stupide comme à chaque fois que j’ai des doutes. Je te demande pardon et culpabilise de t’obliger ainsi à te justifier.

Le week-end suivant j’apprends par des copines que cette nuit là tu es allé rejoindre cette fille qui était censée être sortie définitivement de ta vie. Elles étaient présentes ce soir là et t’on vu sur le parking t’éloigner avec elle dans les bras. Tu trouve les bons mots. Tu me démontre à quel point l’attitude de mes amies t’as porté préjudice. Tu es triste et te sens trahi, en colère et déçu de mon manque de confiance alors que de ton côté tu m’as menti ce soir là dans le seul but de me protéger. Je culpabilise.

Je vois de moins en moins mes amies. De toutes façon tu as raisons, chaque fois que je passe du temps avec elles ensuite nous nous disputons. Elles ne sont pas un bon exemple a suivre. Trop vénale, trop fêtardes, trop indépendantes, trop fainéantes ou dépensières, a chacune tu as su trouver une étiquette. Je dois me concentrer sur notre couple plutôt que de me laisser distraire pas toutes ces choses futiles. Je m’adapte à toi, mieux je me fonds en toi. Je me surprends à penser de plus en plus comme toi et même à réagir en miroir de tes actes.

Mon jour de repos est le jeudi. Il est inadmissible que je reste au lit alors que toi tu te lève pour aller au travail ce jour là. Ca t’insupporte. Mais moi j’ai besoin de dormir et puis après tu t’en va alors pourquoi me lever? Passer un peu plus de temps toute seule?

« Va fan culo!! » Voilà désormais ta phrase fétiche et systématique lorsque je ne suis pas à la hauteur de tes espérances. Tu me fais peur quand tu hurle ça.Tu me repousse brusquement dans ton énervement sans même te rendre compte que tu m’envoie valser comme une poupée de chiffon. J’ai le sentiment d’être un chien dont le maitre est sur le point de se débarrasser.

Je t’aime de façon passionnelle . J’ai mal de t’aimer. Tu m’as confié certaines blessures de ton passé dès le début de notre histoire. Je te vois comme un écorché vif. Un être blessé qui tel une bête sauvage ne se laissera pas approcher par n’importe qui. Je suis celle que tu as choisi pour t’aider, t’ accompagner, te réparer. Je suis celle capable de t’apaiser. C’est un sentiment qui me valorise. Je veux réussir. J’ai tant de peine pour toi.

L’appartement n’est pas assez propre a ton goût. Je suis passée à mi-temps alors la moindre des choses serait que je fasse la poussière de façon plus rigoureuse. Tu as raison d’être fâché contre moi. Je ne te mérite pas. Si je ne fais pas d’effort tu partira. Tu crie  si fort  que le son de ta voix résonne en moi durant des jours. Mais si je n’étais pas aussi minable tu ne monterai pas ainsi en pression.

J’essaie de m’améliorer. La maison est en ordre, le linge est à jour, la poussière à fais place nette  à des surfaces rutilantes. Je m’ efforce de préparer les repas en adéquation avec ton régime.

Tel un courant d’air tu vas, tu viens. Malgré des coupures de plusieurs heures je ne te vois pas durant tes pauses. Tu as mieux à faire que de passer du temps avec moi. Cinq minutes en voiture nous séparent pourtant tu semble si loin. Le soir après ton travail tu ne rentre pas directement ,un dernier verre avec tes potes; je dors quand tu arrive enfin. Les week-ends ne sont pas l’occasion d’un temps à deux car nous le partageons avec ton meilleur ami, systématiquement.

Un an passe. T’aimer me fais souffrir, j’ai le sentiment d’avoir échoué. Tu m’as fais l’honneur de me choisir et je suis tellement insipide que je n’arrive pas à te donner envie de passer du temps avec moi.

Tu me quitte.

Durant une semaine je suis en chute libre. Mon cœur a éclaté. Chaque jour tu te rappelle à moi. Tu viens me rendre visite sur mon lieu de travail, m’envoie des messages… Tu me parle d’une fille rencontrée à ton travail et que tu as invité la veille au restaurant. Je m’effondre, je voudrais que tu me laisse.

Tu finis par revenir. Tu m’as blessée. Je t’aime mais dorénavant je refuse de rester si docile. J’exige que tu m’accorde du temps, plus de « va fan culo!! »,plus de sms à toutes heures du jour et de la nuit.  Je veux savoir que j’existe que tu me présente aux personnes que nous rencontrons dans la rue. Je veux une vraie place dans ta vie.

Nous semblons avoir trouvé un rythme de croisière. Nous nous isolons dans une bulle ou seule notre famille fait encore régulièrement partie de nos contact. De façon très sporadique quelques rares amis. Le monde extérieur m’importe peu. Tu suffis à remplir ma vie. Malgré tes colères un peu excessives et tes insultes à chaque anicroches dans notre histoire je n’imagine pas ma vie sans toi.

Je suis plaquée dos au mur. Ton visage est déformé par la colère. Tes yeux sont noirs amplis de haine. Je sens le souffle de chaque mots que tu prononce. Tu es si prés. Je suis vissée contre ce mur froid et dur ,paralysée par la peur et l’incompréhension. Un coup de poing a dix centimètre de ma tête sonnera le point final de ce moment surréaliste.

Nous nous marions. Bien sûr ce n’est que pour me faire plaisir par conséquent les conditions sont posées. Tu ne participera pas à quoi que ce soit! Tu respect tes dires a la lettre et ne te donne même pas la peine de dormir avec moi pour notre nuit de noce…

Nous devenons parents. Je ne travaille qu’à mi-temps car les frais de nourrice serais trop élevés. De plus entre tes horaires et les miens les journées de notre bébé serait interminables. Tu me dis souvent qu’aux vues de ton ancienneté tu gagne bien mieux ta vie que je ne pourrais le faire pour un  nombres d’heures équivalent. Il est donc tout à fait justifié que je reste à mi-temps. Les jours filent à toute allure, notre bébé ,le ménage, les courses ,la paperasse administrative ,le travail…je ne m’ennuie pas.

Lorsque je te tiens tête tu fais en sorte de m’obliger à entendre ce que tu as à dire. Telle une araignée emprisonnant une mouche dans sa toile je suis prise dans l’étreinte de tes bras. Je croyais qu’ils avaient pour rôle de me protéger pas de m’emprisonner.  Fréquemment  tu me quitte.

« Tu ne retrouveras jamais un mec aussi bien conservé que moi à mon age, je te le dis tu as de la chance de m’avoir!! »

Tu prends la voiture ,disparaîs me laissant seule dans le doute le plus total. Je pleur et te supplie à ton retour. Notre enfant et moi sommes dépendants de toi.

Je suis enceinte pour la seconde fois. Cette grossesse était un choix commun ,pourtant lorsque je te l’annon Ta réaction me semble si égoïste :   « Et bien déja que tu t’occupais plus beaucoup de moi qu’es que ça va être maintenant ?»

Je suis enceinte de 7 mois et c’est aujourd’hui que commencera la fin de notre histoire .

Tu ne pense qu’à toi, ne vois que toi. Tes complaintes ,ta fatigue ,tes colères, tes entrainements, ton régime. Autant de facteurs qui nous éloignent. Notre fille et moi même te dérangeons. Ma grossesse te laisses totalement indifférent. Ni empathie, ni soutient. Je suis soudain mère célibataire mariée! Notre deuxième enfant vient au monde. Tu ne supporte pas de venir me rendre visite à la maternité . Ne pouvant me mouvoir comme je le souhaiterai, j’ aurai cependant besoin de ton soutient. Il y a des travaux c’est trop bruyant tu as besoin de repos. Je me contenterai de visites éclair. Pourtant ma mère vient passer la semaine avec toi afin de te soulager du ménage et de garder notre fille quand tu es au travail. A chacune de tes visites tu es irascible et impatient de partir t’entrainer ou te reposer. J’apprends lors de la visite d’ un couple d’amis que tu me ment sur ton emploi du temps. Je regarde mon bébé et je ne peux m’empêcher de m’effondrer tant je ressens ton rejet de nous. Je l’aime tellement. J’ai le sentiment de devoir l’aimer pour deux. Il est inintéressant pour son père, à cinq mois tu n’as encore pas changé une seule fois sa couche. Les pleurs de ce petit être dont tu es aussi à l’origine t’insupportent. Je te revois agrippé sur la main courante du parc lui hurlant :  » ferme ta putain de gueule sinon je vais te tuer!! »

Je te déteste ,tu me dégoutes. Où est l’homme que j’aime?

Tu es de bonne humeur, nous retrouvons les fous rires qui remplissent la maison de légèreté. J’ai espoir.

Les disputes reviennent telles des boomerangs acharnés revenants inéluctablement à leur lanceurs. Je me sens tellement seule. Nous pourrions de temps en temps aller au cinéma , restaurant, ou même en vacances? Je suis dépensière , vénale, capricieuse. Une éternelle insatisfaite. Je te harcèle des mois durant pour être sûre d’avoir un cadeau pour noël et mon anniversaire. J’ai trop pleuré à nos débuts espérant pour rien. Dorénavant je prends les devants. Nous pourrions aller marcher tous ensembles, mais… tu n’aime pas ça. Je voudrais que nous fassions des sorties en famille, mais… entre tes horaires d’entrainement et de repas c’est impossible.  Je voudrais aller aux fêtes foraines, feux d’artifices, parcs animaliers ,mais… c’est encore des dépenses inutiles et de toute façon tu n’aime pas ça. Bien sûr j’insiste et de temps en temps j’arrive a obtenir gain de cause. Je veux me convaincre que tu es un super papa. Un bon époux. Je refuse de m’être trompée.

Les enfants sont parfois difficiles. Je me surprends à crier la première, je prends les devant pour punir ou gronder. Je préfère que ce soit moi que toi. J’ai parfois peur que tu ne les aime plus ou que tu puisse leur faire mal. Tes mots sont si durs , si violents. Je deviens colérique à mon tour et je sens un climat d’implosion sous jacente qui s’installe dans notre foyer. Je travaille un peu plus, malgré tout l’argent que je rapporte à la maison reste insignifiant a tes yeux. Je me sens terriblement seule dans mon couple. Lors de nos disputes, tes menaces de me quitter résonnent de moins en moins en moi. Je me revois te suppliant à genoux, je ne veux plus faire ça.

Je n’est aucun loisirs, impossible il faut garder les enfants. De temps en temps je pars marcher avec une amie ou seule ,là encore jamais sereine car l’œil sur la montre sous peine de mauvaise humeur voir même d’une explication en rentrant.

Je ne veux plus prendre la pilule, je l’ai longtemps prise et j’ai peur des effets à long terme.  Le cancer de ma mère me fais réfléchir.Je dois me renseigner sur d’autres moyens de contraceptions et je ne trouve jamais le temps de prendre rendez-vous . Tu n’aime pas les préservatifs, lors de notre tout premier rapport je me souviens t’avoir dis non à l’époque car nous n’en n’avions pas, tu as insisté, très lourdement, j’ai cédé. Tu feras l’effort quelques rares fois d’en porter car il est hors de question pour toi d’avoir un troisième enfant. Finalement tu promets simplement de faire attention de te retirer à temps car les préservatifs c’est vraiment pas ton truc. Je suis inquiète pour les MST car depuis toujours j’ai des doutes sur ta fidélité. Textos tendancieux, incohérences dans tes propos et emploi du temps, sans parler de quelques personnes me laissant entendre que j’ai raison de douter. Mais je n’ai pas envie d’y croire. Moi je rêve d’un autre enfant. Etre mère est ce qu’il m’est arrivé de  plus beau dans la vie. Je ne m’en cache pas et te préviens à chaque rapport , je n’avorterais pas,  fais donc attention ou accepte de mettre un préservatif. Après tout pourquoi la contraception ne serait-elle qu’une affaire de femme?

Je suis enceinte. Tu me dis d’appeler immédiatement mon gynéco pour avorter. Tu n’en veux pas. C’est ma faute. Toi tu es sûr d’avoir fait attention. Je ne peux pas vivre avec un avortement sur la conscience. Nous avons un travail tous les deux, nous sommes mariés et propriétaires. Nous avons la chance d’être en bonne santé. Pourquoi avorter. Je prends rendez vous chez mon gynécologue. Mon cycle menstruel est anarchique ce qui fait que je suis déjà trop avancée dans la grossesse pour un avortement médicamenteux. La seule solution est une interruption de grossesse par aspiration. Anesthésie générale et risque important sur un utérus bi- cicatriciel( deux césariennes). Malgré ces explications tu exiges que je mette fin à cette grossesse. Tu passe plusieurs semaines à ne pas ou peu m’adresser la parole. Tu me regarde avec colère et dégout ou m’ignore purement et simplement. Alors que nous devrions être plus proches que jamais une fois encore je suis seule dans mon couple et t’aimer engendre une douleur insoutenable que je subi jusqu’au plus profond de mes entrailles. Je commence à réaliser que je peux vivre sans toi, mais je ne vivrai pas sans eux…

Comme toutes les familles nous traversons des épreuves ou le soutien de l’autre est indispensable. Une fois de plus je suis seule à me battre. Je gère entièrement seule la logistique de la maison , les enfants et tout ce qui les concernes, les comptes etc… Je réalise chaque jours un peu plus que je porte notre famille à bout de bras. Sans reconnaissance, ni amour , ni fierté de ta part envers moi.

Quand je me regarde dans tes yeux je ne vois qu’un corps qui t’excite. Une plante verte décorative. Un pantin que tu bloque au sol ou au mur le temps d’être sur d’avoir été bien entendu. Un acquis comme un autre.

C’est la goutte de trop. Une fois de plus tu me jette confient:  » et bien on à cas en rester là, puisque c’est comme ça trouves en un autre ».

Pour la première fois je ne ressens rien. Ni peur ,ni peine, ni colère. Je suis épuisée par notre relation. J’ai le sentiment d’être enchainée à une ancre qui m’emporte vers des abîmes et que soudain quelqu’un vient de rompre la chaine qui m’y reliait.

J’acquiesce ta décision, stoïque.

S’en suivra une descente aux enfers qui me mènera malgré tout à me libérer de ton emprise.

 

Tu ne m’as jamais frappée c’est vrai…

 

 

 

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